Le château de Compiègne abrite, entre autres merveilles, un musée du Second Empire riche d'une importante section consacrée à la souveraine, appelée
Musée de l'Impératrice.
Eugénie de Montijo est certainement moins populaire de nos jours que Marie-Antoinette.
Aux côtés de l'Empereur, elle n'a pourtant pas moins canalisé la création artistique de son temps que la malheureuse épouse de Louis XVI.
Les historiens d'art comme les historiens tout court se désintéressent généralement comme la plupart de leurs compatriotes de cette période. Qui fut pourtant charnière dans la transformation de notre pays, sa modernisation, le passage à une ère dominée nettement par l'industrie, un essort économique certain, l'apparition de nouveaux mouvements artistiques et l'évolution du goût.
Et s'il est un domaine dans lequel il est bien difficile de se faire une idée exacte du goût de la fin de l'Ancien Régime c'est bien celui dit de la "haute joaillerie". On connait parfaitement la composition du trésor inaliénable que constituait à la Révolution les diamants de la Couronne (nature, quantité, qualité et poids des pierres). Mais il est presque impossible de savoir quelles étaient les formes précises des montures de bijoux féminins.
Or pour le Second Empire nos connaissances sont mieux assurées en ce qui concerne les parures réalisées -créées ou transformées- pour l'impératrice Eugénie. Cette dernièrejavascript:emoticonp('

') vouait d'ailleurs un véritable culte à l'Autrichienne, faisant volontiers meubler ses appartements en (faux ou néo-) Louis XVI et allant jusqu'à rassembler à Versailles, au Petit Trianon, les épaves du mobilier et les souvenirs de la reine déchue.
Pour ce qui est des bijoux, nous verrons qu'elle cultivait d'ailleurs le même goût emprunt de réverie romatique et d'une certaine nostalgie. Non sans lucidité, elle voyait dans le destin funeste de cette Reine bien plus qu'un mauvais présage, comme une fatalité.
Mais elle entretint également bien d'autres penchants propres à illustrer vingt années, des plus brillantes, de l'histoire de la joaillerie française.
Cette discussion sera donc entièrement consacré à ce sujet d'actualité, sur le plan patrimonial. Je vous propose de faire le tour des parures de la Couronne comme de celles, personnelles, dont jouit durant son règne, voire pour certaines d'entre elles jusqu'à sa mort, l'Impératrice Eugénie, notre dernière souveraine.